
Port-au-Prince, 6 février 2026. Ces commissaires, issus à la fois de la sphère politique et de la société civile, ont pour responsabilité de structurer le cadre institutionnel devant succéder au Conseil présidentiel de transition (CPT). Leur rôle consiste notamment à faciliter les consultations autour de la désignation des autorités appelées à diriger l’exécutif durant la prochaine phase transitoire.
Les promoteurs des assises soulignent que la composition du groupe reflète la pluralité des forces présentes dans le pays. Partis politiques, organisations citoyennes et structures communautaires figurent parmi les entités ayant pris part au processus, présenté comme une tentative de rééquilibrage de la représentation dans la conduite des affaires publiques.
Dans un contexte marqué par l’incertitude politique et l’urgence de rétablir un minimum de stabilité institutionnelle, les neuf commissaires se retrouvent au cœur des discussions sur les postes stratégiques, notamment ceux de Premier ministre et de président intérimaire. Leurs arbitrages devraient influencer la configuration de l’exécutif et les modalités de gouvernance à court terme.
Les conclusions issues de ces assises devraient également peser sur le calendrier de la transition et sur l’organisation des prochaines élections générales, considérées comme une étape déterminante pour le retour à l’ordre constitutionnel.
Centre Infos
Port-au-Prince, le 31 janvier 2026. Aux yeux de Lapè Pou Ayiti, la CARICOM ne saurait prétendre incarner une solution alors qu’elle est directement associée, selon le mouvement, à la mise en place du mécanisme de gouvernance aujourd’hui contesté.
Une responsabilité régionale mise en cause
Le mouvement rappelle que la création du CPT découle d’un compromis politique élaboré sous l’égide de la CARICOM. Un cadre institutionnel que Lapè Pou Ayiti juge désormais inefficace, estimant qu’il n’a permis ni le rétablissement de la sécurité ni la stabilisation de la vie politique nationale. Bien au contraire, affirme l’organisation, la transition actuelle aurait accentué la crise multidimensionnelle affectant le pays.
Dans cette perspective, l’échec du Conseil présidentiel est présenté comme indissociable de celui de la médiation régionale, accusée d’avoir promu un modèle politique inadapté au contexte haïtien et éloigné des attentes populaires.
Un tableau socio-humanitaire préoccupant
Pour appuyer son argumentaire, Lapè Pou Ayiti dresse un état des lieux sombre de la situation nationale. Le mouvement évoque près de deux millions de déplacés internes, contraints de fuir les violences armées, ainsi qu’environ six millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë. À cela s’ajoute, selon lui, un affaiblissement continu des institutions publiques.
L’organisation s’appuie également sur des rapports du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), faisant état d’irrégularités dans la gestion des fonds publics par les neuf membres du CPT. Elle mentionne notamment l’utilisation controversée de près de 300 millions de gourdes pour un projet de référendum qui n’a finalement pas abouti.
Appel à une solution endogène
Face à ce qu’il considère comme un constat d’échec, Lapè Pou Ayiti exhorte la CARICOM à reconnaître les limites de son intervention en Haïti. Le mouvement affirme que le pays ne peut plus s’inscrire dans des schémas politiques conçus à l’extérieur, qu’il qualifie de « solutions importées ».
Il plaide pour une sortie de crise reposant exclusivement sur une initiative nationale, portée par des acteurs haïtiens issus des courants progressistes, patriotiques et démocratiques. Selon l’organisation, seule une telle démarche serait en mesure de garantir une gouvernance crédible et respectueuse de la souveraineté nationale après le 7 février.
Un accompagnement international strictement encadré
Tout en rejetant toute ingérence politique, Lapè Pou Ayiti reconnaît toutefois la nécessité d’une coopération internationale limitée. Le mouvement se dit ouvert à un rôle d’accompagnement ou d’observation, notamment dans le cadre de la lutte contre l’insécurité.
À ce titre, il salue les initiatives internationales, en particulier celles liées à la Force de suppression des gangs (FSG), tout en avertissant contre toute tentative d’influencer ou de diriger le processus politique interne.
Contre la reconduction des mêmes acteurs
Enfin, Lapè Pou Ayiti s’oppose fermement à toute démarche visant à reconduire les acteurs politiques ayant participé à la mise en place du CPT. Une telle option est jugée porteuse des mêmes dérives et susceptible de prolonger l’impasse actuelle.
Le mouvement appelle plutôt à l’organisation d’une médiation nationale impliquant des secteurs considérés comme crédibles et neutres, notamment les universités, les médias, les confessions religieuses, la Fédération des barreaux, les organisations de défense des droits humains et d’autres composantes de la société civile.
Selon le secrétariat de Lapè Pou Ayiti, seule une concertation nationale inclusive, transparente et orientée vers l’intérêt général pourra créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections libres, crédibles et démocratiques, prélude indispensable à la reconstruction d’un État légitime et fonctionnel.
Centre Infos